Le tracé du réseau de chaleur Plaine Garonne. ©Photo: Cofely-Storengy

Géothermie à Bordeaux : Premier forage à 1700 m de profondeur pour réseau de chaleur de 25 km

(CP) Le territoire bordelais a la chance de bénéficier de ressources géothermiques. Pas moins de 7 projets ont été conduits dans les années 1980 à partir de forages réalisés à environ 800m de profondeur, dans la nappe du cénomanien où l’eau à 45°C est abondante. 4 d’entre eux sont toujours en exploitation aujourd’hui.


Depuis plus de 30 ans, aucun autre forage n’a été réalisé, sous le double effet du renchérissement des coûts et de la fin des opérations de grands ensembles urbains qui avaient porté la plupart des projets. Au début des années 2010, avec la prise de conscience des enjeux climatiques et la forte dynamique urbaine locale, Bordeaux Métropole a souhaité multiplier les réseaux de chaleur et mieux valoriser ses ressources géothermiques. Avec le soutien de l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), elle a d’abord réalisé une évaluation complète du potentiel géothermique de son sous-sol. Ce travail a mis en évidence l’existence d’un réservoir prometteur, situé à 1700m de profondeur où l’eau est à 70°C.

Réseau de chaleur de 25 km
Pour exploiter cette importante quantité de chaleur et amortir financièrement le coût élevé des forages, il faut chauffer l’équivalent de 25’000 logements. Bordeaux Métropole a donc décidé de créer un réseau de chaleur de 25 km, alimenté par un doublet géothermique à 1700m, pour chauffer l’ensemble des projets urbains de la Plaine de Garonne qui représenteront 2'000’000 m2 neufs, face au centre historique.

Cependant, il a également été défini que ce projet géothermique comportait des risques techniques importants en raison de la méconnaissance de ce réservoir datant de la période géologique du jurassique, couramment utilisé dans le bassin parisien mais encore jamais exploré sur Bordeaux: quelle est la quantité d’eau que l’on pourra réellement extraire? Sera-t-elle suffisante pour chauffer tous ces bâtiments? Les failles encore mal connues menacent-elles la faisabilité des forages? La seule façon de répondre à ces questions est de réaliser des forages.

Parce que l’enjeu énergétique et environnemental de ce test est important, l’Ademe a décidé d’accompagner le projet en couvrant financièrement à hauteur de 90% le risque d’échec sur les forages. Bordeaux Métropole a confié la réalisation du projet au groupement d’entreprises Cofely-Storengy, filiales du groupe Engie, via un contrat de délégation de service public.

Prise en compte des risques
Les risques d’échecs étant réels, ce contrat les prend en compte en décrivant plusieurs scénarios possibles et leurs conséquences techniques: replis à une profondeur de 800m, réalisation d’une chaufferie bois pour compléter l’approvisionnement en chaleur. D’autre part, le contrat définit également les objectifs tarifaires et environnementaux associés au scénario de base et aux scénarios d’échec pour garantir, dans tous les cas, un tarif très compétitif et un taux d’énergie renouvelable toujours supérieur à 80%. Ces mécanismes contractuels, associés à la couverture de l’Ademe, permettent à Bordeaux Métropole et à Cofely-Storengy de maîtriser les risques d’une innovation prometteuse pour le territoire bordelais qui pourrait ouvrir la voie à bien d’autres.

Plus d’informations sur le réseau de chaleur Plaine Garonne >>

Texte: Géothermie Suisse, Source: Assises Européennes de la Transition Energétique

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