Rafael Stadelmann : « Nous pouvons nous estimer heureux. Pour de nombreuses branches, 2020 fut une année très difficile, mais pour le photovoltaïque, celle-ci fut exceptionnelle ! »

Rafael Stadelmann : « Une demande qui monte en flèche, la pandémie de Covid-19, les difficultés de livraison... L’année 2020 fut marquée par une succession de défis divers et variés. Et à cela s’ajoute le manque croissant de main-d’œuvre qualifiée... »

(©AN) Rafael Stadelmann, gérant de la société Solarmarkt GmbH : « En 2020, la branche du photovoltaïque est parvenue à enregistrer une croissance allant jusqu’à 40 % sur son marché. Quelle évolution, qui plus est au cours d’une année marquée par des mesures de confinement total ou partiel et par des difficultés de livraison ! Même si nous avons accumulé de nombreuses heures de travail supplémentaires, nous pouvons nous estimer heureux d’opérer dans un secteur en plein essor étant donné la situation économique actuelle et de faire avancer la transition énergétique. » Un entretien du 22 janvier sur les défis relevés en 2020 et ceux à venir pour 2021. (Interview auf Deutsch >>)


En 2020, le marché du photovoltaïque a connu un essor fulgurant en Allemagne. Quelle a été son évolution en Suisse ?
Chez nous, le marché a également enregistré un accroissement plus que considérable. Nous supposons que la puissance de raccordement au réseau est passée de 420 à 450 MW en Suisse en 2020. Les chiffres définitifs ne seront toutefois publiés qu’au mois de juin. À titre de comparaison, une puissance totale de 336 MW a été installée en 2019. Par conséquent, la croissance du marché se situe entre 35 % et 40 % ! En tant que principal revendeur en Suisse, nous avons bien entendu tiré profit de cette situation.

Quelles ont été les conséquences pour Solarmarkt ? Du travail à n’en plus finir ?
L’année 2020 fut extrêmement difficile. Ainsi, il a fallu gérer un carnet de commandes particulièrement bien rempli, une situation qui nous a quelque peu surpris. Nous avions prévu une croissance de 15 % environ. Or la demande s’est très fortement accrue à partir de début février, notamment pour les projets de grande envergure et de nombreux autres produits et services. Cette hausse de notre activité fut extrêmement complexe à maîtriser, car la chaîne d’approvisionnement depuis la Chine s’est grippée quasi simultanément en raison de la pandémie de Covid-19. La majeure partie des panneaux montés en Suisse sont toujours des produits chinois. Les difficultés de livraison se sont ensuite déplacées vers l’Italie, pays où nous nous fournissons en partie pour notre système de montage. Cette situation fut un immense défi à relever. En même temps, nous ne savions pas à quel point les répercussions de la pandémie seraient susceptibles d’influer sur les investissements dans le secteur du photovoltaïque.

L’incertitude générée par le Covid-19 nous a également rendus très prudents en matière de recrutement. Par conséquent, nous avons accumulé un nombre incroyablement élevé d’heures de travail supplémentaires au cours de cette phase. Heureusement, nous sommes une équipe formidable chez Solarmarkt et nous sommes parvenus à traiter la quantité importante de demandes. À Noël, nous avons fermé une semaine de plus que prévu afin de liquider une partie des heures supplémentaires effectuées. Les collaborateurs ont fait preuve d’un engagement impressionnant.


La société Solarmarkt GmbH
La société Solarmarkt GmbH est le grossiste numéro un en Suisse pour les composants photovoltaïques. Elle assiste les planificateurs et les installateurs dans le choix et le dimensionnement de systèmes idéalement adaptés les uns aux autres. De plus, notre éventail de prestations inclut également le conseil technique, ainsi que des formations régulières destinées aux installateurs.

La société Solarmarkt GmbH est une filiale de la société BayWa r.e. renewable energy GmbH qui opère dans les secteurs du solaire, de l’éolien, de la bioénergie et de la géothermie.


Et aucun poste n’a été créé ?
À la fin de l’année, nous avons été en mesure de créer sept nouveaux postes pour nous donner un peu d’air. L’année 2020 nous a mis au défi sur toute la ligne : d’abord le volume élevé des commandes, puis la chaîne d’approvisionnement qui ne permettait pas de satisfaire la demande et, pour finir, les difficultés liées à la vitesse de livraison. À titre d’exemple, nous sommes passés par une phase pendant laquelle nous disposions d’un nombre insuffisant de camions dans le Tessin parce qu’il nous fallait livrer tout simplement trop d’installations lors de certaines journées.

Et cette situation n’était absolument pas prévisible au début de l’année ?

Non. Absolument pas. À certains moments, de telles conditions ont eu des répercussions sur la qualité. Nos temps de réponse se sont allongés, la qualité des livraisons des fournisseurs a baissé et nous, nous avons également présenté un taux d’erreur plus important à l’expédition, car nos équipes n’étaient tout simplement pas assez nombreuses pour livrer autant de matériel. Je pense que d’autres entreprises de notre branche sont également passées par des phases similaires. Néanmoins, nous pouvons nous estimer heureux ! En effet, pour de nombreuses branches, 2020 fut une année très difficile, mais pour le photovoltaïque, celle-ci fut exceptionnelle !

Quels sont les segments qui ont le plus progressé ?
Tous, à vrai dire. Dans le secteur des maisons individuelles, les constructions ont par exemple connu un essor considérable. Je crois également qu’un grand nombre de personnes ne sont pas parties en vacances l’année dernière. Les conditions météorologiques étaient favorables et les propriétaires ont jeté un coup d’œil sur leur toit et remarqué qu’il était encore possible d’exploiter un certain potentiel. Le secteur industriel n’a lui aussi pas été en reste. Leurs acteurs se sont montrés très actifs, car les installations ne sont désormais plus aussi coûteuses qu’auparavant en raison de la chute des prix observée ces dernières années. Pour les entreprises économiquement saines dont le fonctionnement exige de recourir à la chaleur industrielle à titre d’exemple, les installations constituent très rapidement un choix payant. De plus, le photovoltaïque présente également un intérêt considérable pour toutes les personnes qui possèdent une certaine part de consommation propre. C’est donc en toute logique que ce secteur a connu une forte hausse.

En fin de compte, les grands investisseurs ont également construit des installations sur les sites où ils parviennent à vendre leur électricité à de bonnes conditions ou bien dans tous les cas sur ceux où la part de consommation propre des bâtiments est élevée. Dans le domaine du bâtiment, plusieurs grandes installations de l’ordre du mégawatt ont de nouveau été construites. De 2016 à 2018, nous n’avions plus aucune occasion de mener à bien ce type de projet. En effet, la construction d’installations d’une puissance supérieure à 30 kW n’était pratiquement plus d’actualité au cours de cette période.

Et quelles sont les perspectives pour l’année 2021 ?

Actuellement, l’hiver assez rude que nous vivons freine quelque peu notre activité. Lorsque toutes les surfaces sont recouvertes d’une épaisse couche de neige, les gens sont toujours moins réceptifs à la question de l’électricité solaire. Néanmoins, il semblerait bien que nous puissions tabler une nouvelle fois sur une forte croissance cette année. Elle n’atteindra probablement pas les sphères de l’année dernière. Et je suppose fortement que le personnel qualifié va continuer de nous manquer. Quand je parle à des installateurs, leur calendrier affiche déjà presque complet. La pénurie de personnel qualifié est un problème important dans notre branche. La formation de nouveaux spécialistes prend du temps. Par conséquent, la croissance ne pourra pas se poursuivre à un tel rythme, car il nous manque tout simplement les personnes qui posent les installations sur les toits. La Confédération doit assumer ses responsabilités et créer des offres de reconversion dans la branche du solaire.

De quel personnel qualifié parlons-nous ? Des électriciens, par exemple ?

Les électriciens constituent des acteurs essentiels dans le domaine des installations. Les prescriptions d’Electrosuisse et de l’ESTI exigent que certaines activités soient exécutées par un personnel qualifié certifié, soit, en fin de compte, par des électriciens. Toutefois, il existe également diverses possibilités d’obtenir les certificats requis pour les personnes issues d’une autre branche. À titre d’exemple, la formation OIBT 14 permet à certains artisans d’acquérir les compétences nécessaires à l’exercice d’une activité dans le photovoltaïque, et ce, afin d’être autorisés à réaliser des installations. Ainsi, il est impératif d’accomplir ces formations dans un premier temps.

La pénurie de personnel qualifié ne concerne pas uniquement le domaine de l’installation, mais aussi ceux de la planification et de l’étude des projets. En effet, l’accomplissement de ces tâches nécessite une intervention des ingénieurs en sciences de l’environnement ou des monteurs d’installations photovoltaïques qui disposent d’une formation initiale correspondante. Cependant la population n’est pas encore suffisamment sensibilisée à cette branche. Les candidats potentiels reçoivent trop peu de renseignements sur cette formation et sur les opportunités offertes par ces métiers. La communication est également insuffisante en ce qui concerne la planification et la pose d’une installation photovoltaïque sur un toit à l’heure actuelle. Un tel système est désormais capable de couvrir un maximum de besoins, du courant domestique à la propulsion des voitures électriques sans oublier la fourniture de chaleur. Ces domaines sont passionnants ! Malheureusement, la branche présente encore un pouvoir de séduction trop faible, ainsi qu’un déficit de notoriété afin de recruter des spécialistes qualifiés en nombre suffisant. Pourtant, il s’agit d’un travail fascinant, très intéressant et tourné vers l’avenir. La formation continue au métier de monteur d’installations photovoltaïques n’est pas assez sollicitée et nous le regrettons. Elle dure plus ou moins un an et fait suite à une formation professionnelle. Par conséquent, nous ne pouvons pas former des spécialistes qualifiés du jour au lendemain.

Autrement dit, la formation dure plus ou moins un an et suppose l’obtention d’une formation professionnelle. Est-il également possible de se former en cours d’emploi ?

Les deux sont possibles. La majorité des personnes qui empruntent cette voie sont toutefois des électriciens qui se sont familiarisés avec ces thèmes et des entreprises du solaire qui se sont spécialisées dans le photovoltaïque pendant des années. Depuis l’année dernière, nous observons une tendance très claire selon laquelle un très grand nombre de personnes se tournent à nouveau vers cette branche en raison de son volume d’activité supérieur. Nos clients sont très nombreux.

Ces entreprises sont-elles des revenantes ou bien s’agit-il d’acteurs tout à fait nouveaux sur la scène du photovoltaïque ?

Ce sont parfois des entreprises qui n’ont posé qu’un nombre restreint d’installations photovoltaïques, voire aucune, car le volume d’activité n’était pas aussi important. Elles sont désormais de retour. Il s’agit en premier lieu d’électriciens qui avaient tourné le dos à la branche parce que le marché était âprement disputé ces dernières années et que les faibles marges réalisées les avaient poussés à se concentrer de nouveau sur les installations électriques. Les monteurs d’installations photovoltaïques, eux, ont dû poursuivre leur activité pour survivre.

Toutefois, les électriciens ne sont pas les seuls à avoir fait leur retour. Un grand nombre de petites entreprises et start-up nouvelles et innovantes se sont également repositionnées. Elles se mettent en quête des certificats requis et elles coopèrent parfois pour cela avec d’autres sociétés et avec des électriciens qui réalisent pour elles les réceptions. Il s’agit bien entendu d’une évolution positive.

Vous voulez dire que la croissance pourrait encore augmenter si le personnel était disponible en nombre suffisant ?

Exactement. D’après moi, on va encore observer une certaine croissance. Néanmoins, il sera tout simplement impossible d’atteindre une nouvelle fois les 40 % en raison de la pénurie de personnel qualifié. Je le vois chez nos principaux clients établis. Leurs capacités sont déjà toutes plus ou moins épuisées.

Quid désormais des chaînes d’approvisionnement ? La situation s’est-elle détendue ?

Elle s’est détendue temporairement pendant les mois d’automne-hiver. Toutefois, elle risque de redevenir très difficile, car nous ne sommes pas les seuls en Suisse ou en Europe à demander la pose d’installations photovoltaïques. Le secteur connaît un essor incroyable à l’échelle mondiale. En Asie, un nombre extrêmement important d’installations sont construites à l’heure actuelle. Cette situation a entraîné une hausse des prix, mais celle-ci n’est pas uniquement due à la demande, mais aussi aux circuits de transport. Les prix du transport maritime des conteneurs a triplé, voire quadruplé pour la simple raison que ces derniers n’étaient pas disponibles en quantité suffisante. Cette pénurie est notamment due aux vêtements de protection transportés par cette voie. Étant donné que la demande de produits photovoltaïques est tellement forte en Chine et en Asie, ce marché est livré en priorité, ce qui provoque une nouvelle hausse des prix pour l’Europe. Ainsi, ce sont notamment les prix des panneaux qui seront susceptibles d’augmenter au cours du premier et du deuxième trimestre 2021. L’évolution de cette situation est incertaine. Nous recevons encore suffisamment de marchandises et notre disponibilité est garantie jusqu’à nouvel ordre. Nous avons déjà eu des années au cours desquelles les prix ont dégringolé à un tel niveau que les marchandises traînaient dans les entrepôts. Cela n’est absolument pas le cas à l’heure actuelle.

Avez-vous désormais la tête autant plongée dans le guidon que vous ne planifiez plus du tout sur le long terme, disons d’ici 2025 ?

Nous réalisons toujours nos prévisions pour une période allant de trois à cinq ans et nous établissons ensuite nos budgets en conséquence. Au vu des objectifs de la Stratégie énergétique 2050, nous avons bien entendu effectué un pas en avant important en 2020. Toutefois, nous devons désormais entretenir cette dynamique, si ce n’est l’intensifier. En effet, une puissance annuelle de 400 MW ne suffit pas pour atteindre ces buts. Pour notre branche, cette évolution est incontestablement positive, car nous prévoyons de consolider notre croissance au cours des dix prochaines années.

Pas d’années calmes en perspective donc !

Non. Absolument pas. Et ce n’est pas ce que nous souhaitons non plus ! En tant que branche, nous n’avons pas l’habitude de vivre des années calmes. Les signaux politiques envoyés par le mouvement Fridays for Future depuis 2019 sont extrêmement positifs. De plus, la Stratégie énergétique et certaines parties du modèle de prescriptions énergétiques des cantons (MoPEC) stimulent également le marché.

Le MoPEC influe-t-il directement sur vos activités ?
Oui, mais uniquement dans les cantons où il a été adopté. C’est logique. En Argovie, il a malheureusement échoué de peu aux urnes en raison d’un référendum. Ce résultat est bien entendu très regrettable. Nous étions partis du principe que le référendum n’échouerait pas étant donné le climat qui règne dans la société autour de cette idée. Nous avons alors réalisé qu’une tendance pouvait également changer. Par ailleurs, nous continuons de dépendre du cadre politique. Ainsi, le référendum contre la loi sur le CO2 constitue le prochain obstacle décisif.

En principe, nous faisons bonne figure et les jalons importants sont posés. Le secteur du photovoltaïque a trouvé sa place dans le mix énergétique et il y est désormais très bien établi. Par conséquent, je suppose que cette évolution positive va se poursuivre.

Le cadre défini par la Confédération est-il positif pour vous ou bien souhaiteriez-vous plus de soutien ?

D’après moi, les réglementations sont très satisfaisantes dans de nombreuses branches. Je ne souhaite pas obtenir de « surfinancements », et ce, même si certains ne seront peut-être pas enthousiasmés par mon avis. En effet, notre branche sera capable de vivre sans financement, et ce, à intervalles de plus en plus réguliers. Tant que les lobbys des différentes branches lutteront autant contre une augmentation des prix de l’électricité qui doit avoir lieu et qui aura lieu, les financements demeureront un levier nécessaire. Pour tous les produits, nous sommes un pays où les prix sont élevés, sauf pour l’électricité. Elle coûte moins cher chez nous que chez nos voisins. Tant que cette situation perdurera, nous aurons besoin d’instruments de financement. Ils sont actuellement efficaces dans la plage de puissances allant jusqu’à 30 kW. De telles installations photovoltaïques s’avèrent rentables dans la plupart des cas et font désormais partie de la quasi-totalité des maisons, à l’instar des chauffages.

Les installations de grande envergure et les sites spécifiques nécessitent pour leur part la mise en place d’un cadre qui permette d’élaborer un business case raisonnable au vu de la Stratégie énergétique 2050. Il peut s’agir par exemple d’ouvrages paravalanches qui sont extrêmement bien ensoleillés en hiver ou de projets sur des barrages qui sont susceptibles d’offrir des rendements solaires très élevés en hiver en raison de la réflexion de la neige. Différents projets sont déjà en cours d’exécution. Nombreux sont ceux pour lesquels une réalisation est possible, mais leur rentabilité n’est pas assurée parce que les exigences posées aux installations sont relativement complexes. Par ailleurs, les grandes installations présentant une faible consommation propre nécessitent également des incitations. En effet, ce sont précisément ces projets qui revêtent une importance capitale pour la transition énergétique. Dans ce domaine, nous avons besoin d’incitations supplémentaires de la part des acteurs politiques.

Qu’en est-il des systèmes de stockage ? Font-ils désormais pratiquement partie d’une installation photovoltaïque ?

Les systèmes de stockage sont de plus en plus intégrés aux installations, et ce, même si le faible prix de l’électricité constitue un obstacle en matière de rentabilité. Ainsi, le courant issu du système de stockage ne présente pas toujours un prix rentable, mais cette affirmation dépend fortement de la complexité de l’installation. Si l’on calcule uniquement la consommation propre d’une maison individuelle, la durée d’amortissement est alors relativement longue. Étant donné que de nombreux gestionnaires de réseau ne dédommagent que très faiblement l’excédent d’électricité solaire, une grande quantité de propriétaires intègrent donc une batterie à leur installation. Même si la rentabilité n’est pas assurée dans tous les cas, ils ne perdent pas d’argent pendant la durée de fonctionnement du système de stockage. Par conséquent, les réflexions relatives à l’autonomie et à l’autosuffisance aboutissent de plus en plus souvent à l’intégration d’un système de stockage.

Quelle est l’évolution du marché des systèmes de stockage ?

En 2018 et en 2019, le marché s’est distingué par une relative stabilité. Avant cette période, il n’a pas cessé de croître. En 2020, ce marché a connu un nouvel essor. Cette évolution est également due au fait que les prix des systèmes de stockage sont restés relativement stables (pour le moment, il s’agit notamment des batteries lithium-ion). En outre, tout le secteur de l’électromobilité souhaite disposer de ces systèmes. D’autres technologies vont faire leur apparition, mais celles-ci ne sont pas encore praticables à plus grande échelle, car les quantités disponibles ne permettent pas encore de réduire les prix. Bien entendu, il existe d’autres nouvelles technologies. En raison de la demande importante provenant du secteur de l’électromobilité, les grands acteurs du marché, tels que Huawei, BYD et LG Chem, ont réalisé de nombreux investissements et certaines économies d’échelle dans le domaine des batteries lithium-ion, ce qui a entrainé une baisse des prix. De plus, les systèmes ne vont cesser de gagner en intelligence et permettront d’élargir le champ des utilisations possibles. Par conséquent, les systèmes de stockage connaissent un renouveau, même en Suisse. Toutefois, au regard de l’Allemagne où la quasi-totalité des maisons individuelles dotées d’une installation photovoltaïque sont également équipées d’un système de stockage, cette part chute peut-être à 15-20 % dans notre pays, soit une maison sur cinq ou sur six.

Et quelle est la situation pour les installations de grande envergure ?

Il s’agit d’un sujet différent. Les systèmes de stockage sont rarement utilisés sur ces installations. Bien entendu, certains business cases intégrant un écrêtage des pointes de consommation peuvent s’avérer économiquement intéressants avec des batteries, et ce, également dans le domaine des solutions de courant de secours. Il en va de même pour les processus qui doivent absolument disposer d’une sécurité intrinsèque. Lorsque différents éléments comme la consommation propre, l’écrêtage des pointes de consommation et l’ASI sont combinés, certains business cases peuvent tout à coup se révéler attractifs.

Que signifie l’abréviation ASI ?

Alimentation sans interruption.

Ah !

Dans de tels cas, cela vaut la peine d’étudier plus en détail chaque profil de charge, car l’utilisation de batteries peut soudainement s’avérer judicieuse. Et si cette hypothèse se vérifiait, les batteries seraient alors également intégrées aux installations de grande envergure.

Et l’électromobilité ?
Elle revêt bien entendu une importance capitale étant donné qu’elle englobe un très grand nombre de nouveaux secteurs d’activité. Chez Solarmarkt, il s’agit en premier lieu de la vente de bornes de recharge équipées de leur commande qui permet de stocker les excédents dans la batterie des voitures. L’objectif à atteindre s’appelle évidemment la charge bidirectionnelle, mais les constructeurs automobiles qui se sont lancés dans ce secteur ne sont pas nombreux jusqu’ici. L’avenir apportera certainement son lot de nouveautés. Cependant la branche automobile se heurte encore aux questions de l’autonomie et de la durée de la garantie. Ainsi, une voiture doit rouler au moins pendant dix ans et l’autonomie doit suivre. Par conséquent, les constructeurs ne souhaitent pas encore proposer la charge bidirectionnelle, mais cette situation va évoluer, car les mentalités vont encore changer. Les bornes de recharge bidirectionnelle vont ensuite faire l’objet d’une demande accrue. Étant donné que seul un nombre très réduit de produits dotés de cette fonction sont disponibles sur le marché, leurs prix sont encore très élevés. Ne serait-ce que pour la commande de l’excédent, il existe déjà des solutions très efficaces qui permettent de stocker l’électricité solaire de manière ciblée et intelligente dans la voiture électrique avec différents courants de charge. Ainsi, il est possible de se lever le matin et de savoir que la voiture est principalement rechargée avec de l’électricité solaire, et ce, même si la charge s’est déroulée en partie pendant la nuit.

Quelle expérience enthousiasmante ! Désormais nous sommes arrivés au point que nous voulions toujours atteindre !

Oui. C’est très facile. Je viens d’intégrer cette solution à la maison. D’ailleurs, nous sommes également en train de réfléchir à la possibilité d’équiper la flotte de notre service externe avec des voitures électriques. Chez nos sociétés sœurs établies en Allemagne, cette étape a été franchie depuis un bon bout de temps. La facturation se fait avec une grande clarté étant donné que le marché de l’électricité est libéralisé en Allemagne. Quel que soit l’endroit où les conducteurs de voitures électriques effectuent leurs paiements, ils le font en utilisant leurs cartes SIM. Quel que soit l’endroit où ils rechargent leur véhicule, les montants sont additionnés et ils peuvent choisir le prix de leurs sociétés de leasing. L’Allemagne a dix ans d’avance sur nous en matière de ravitaillement en électricité. En Suisse, cette opération est encore particulièrement complexe pour une entreprise. En effet, l’identité du payeur, le lieu du paiement et de la facturation et les frais d’électricité sont autant de questions qui ne sont pas encore réglées.

La société Solarmarkt commercialise-t-elle de nouveaux produits ?
La demande de produits destinés à l’intégration au bâtiment augmente en raison du nouveau MoPEC. Désormais, les architectes doivent se pencher sur ce thème. Cette évolution ne passe pas inaperçue. D’une part, elle concerne notre Système intégré au toit Arres. De l’autre, nous rentrons de plus en plus dans la façade, et ce, en employant des couleurs et des éléments en verre différents. Sur le plan des couleurs et de la structure, tout est possible aujourd’hui. Le champ des options s’étend du symbole de Mickey Mouse à l’aspect invisible des cellules. Les installations prennent l’apparence d’une façade en verre. Les types de verre les plus divers peuvent être utilisés dans le cas de cette application. Bien entendu, cette flexibilité fait également le bonheur des architectes et la demande de tels produits ne cesse de croître. En outre, cette année, nous avons intégré le premier produit destiné aux dalles qui peuvent être posées dans des jardins.

Toujours en phase de recherche, les peintures pour l’industrie automobile sont déjà conçues et elles permettront d’appliquer une certaine charge de base aux voitures électriques. Par ailleurs, les technologies power-to-gas (conversion d’électricité en gaz) telles que l’hydrogène constituent un domaine également très captivant pour nous. Dans ces secteurs, la Suisse se porte très bien, car les principaux axes routiers viennent d’être dotés de stations-service à hydrogène. Une première phase sera consacrée en premier lieu aux camions avant de devenir également intéressante pour les petits consommateurs.

2020 fut-elle également une année particulière à d’autres égards ?
Oui, bien sûr. Notre entreprise a fêté son trentième anniversaire. Nos manifestations prévues à cette occasion ont bien entendu souffert du contexte lié à la situation sanitaire. Néanmoins, cette année fut tout de même un événement de grande ampleur pour notre société. Nous sommes parvenus à conserver l’état d’esprit des premières années jusqu'à aujourd’hui. J’apprécie vraiment d’être le gérant de Solarmarkt parce que je travaille avec des personnes qui partagent un enthousiasme sincère pour le photovoltaïque. Nous nous faisons un plaisir de travailler dans cette branche qui nous a aussi permis de développer une très grande aptitude à souffrir (rires). Notre état d’esprit est vraiment sensationnel et le fait d’avoir pu le garder intact au cours de ces trente dernières années me remplit d’un immense bonheur !

Note de la rédaction : Solarmarkt appartient au groupe allemand BayWa r.e. À la fin de l’année 2020, ce dernier a annoncé que l’investisseur dans les infrastructures suisse Energy Infrastructure Partners détenait 49 % des parts de l’entreprise. Voir ee-news.ch du 21.12.20 >>

©Entretien : Anita Niederhäusern, rédactrice en chef d’ee-news.ch

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