Thomas Metzler: „Il faudrait renforcer l’information sur le grand potentiel énergétique du bois suisse, surtout de celui qui reste inutilisé.“ ©Image: Bauatelier Metzler

L’atelier Metzler a déjà intégré des poêles à bois d’appoint dans les maisons Minergie-P il y a déjà 15 ans, des systèmes qui dégagent leur chaleur lentement et possèdent une alimentation en air indépendante. ©Image : Bauatelier Metzler

Thomas Metzler, architecte : «Nous privilégions clairement le modèle du poêle à accumulation »

(Energie-bois) Thomas Metzler, architecte et concepteur, et son épouse Caroline Nyffeler Metzler fondent le bureau d’architectes Bauatelier Metzler en 2003. Le cabinet spécialisé en architecture, design et efficacité énergétique occupe aujourd’hui huit collaborateurs et a remporté de nombreux prix de l’énergie nationaux et internationaux. (Text auf Deutsch >>)


Christoph Rutschmann
: Dans vos bâtiments, vous installez très souvent un chauffage au bois. Sur quelles réflexions s’appuie votre préférence?
Thomas Metzler: Durant mon enfance, j’ai vécu dans une maison chauffée par un poêle de faïence, ce qui fait que j’ai une grande affinité avec les systèmes à bois. Un poêle à faïence est non seulement un bel objet, mais son rayonnement thermique à ondes longues est très agréable et relaxant. De plus, un îlot de chaleur apporte une ambiance «cozy» dans une pièce.

Mais nous n’installons pas systématiquement des chauffages au bois. Nous les utilisons surtout lors d’assainissements et de bâtiments neufs privés. Un chauffage au bois – nous privilégions clairement le modèle du poêle à accumulation – peut soit chauffer toute une maison, soit servir d’appoint optimal pour un chauffage par ex. à pompe à chaleur. Dans ma maison Minergie-P ultramoderne, j’utilise le poêle à accumulation durant la demi-saison ou pour décharger la pompe à chaleur, de dimensions minimales mais très efficace.

Quels clients installent encore un chauffage au bois dans leur maison?
Je ne peux parler que de notre bureau, dont l’activité se concentre sur les régions rurales et les petites villes. Nous réalisons des chauffages au bois dans des appartements privés, lors de transformations, mais aussi dans des maisons de vacances. En plus de la qualité du logement, nos clients attachent de l’importance à un système de chauffage écologique. Parmi les atouts d’un chauffage au bois – outre le confort mentionné –, je vois aussi la performance qui permet d’atteindre la température souhaitée en très peu de temps ou d’augmenter la température de base rapidement et simplement.

Qu’est-ce qu’il faut pour motiver davantage d’architectes à intégrer des chauffages au bois à leurs projets?
Il faudrait renforcer l’information sur le grand potentiel énergétique du bois suisse, surtout de celui qui reste inutilisé. Afin d’atteindre les objectifs de la transition énergétique, nous devons nous appuyer sur plusieurs sources d’énergie. La consommation électrique en Suisse va fortement augmenter, notamment suite au progrès de l’électromobilité. La chaleur fournie par le bois peut apporter une contribution importante pour éviter que la consommation de courant n’augmente de manière disproportionnée.

En tant qu’architecte, comment percevez-vous le secteur de l’énergie-bois?
a-t-il bien fait son travail et
où se situe son potentiel d’amélioration?
En tant qu’architecte, je trouve que le secteur de l’énergie-bois est (malheureusement) moins fortement présent que celui de la construction en bois (Lignum), par exemple. Cela ne signifie pas que ses arguments sont moins convaincants (au contraire), mais qu’ils devraient être mieux visibles pour les architectes. Peut-être que les deux volets du secteur bois devraient plus souvent se manifester en commun.

Selon vous, les chauffages au bois sont-ils bien vus par les maîtres d’ouvrage actuels?
La plupart des maîtres d’ouvrage sont très favorables à nos propositions d’envisager un poêle à accumulation comme système de chauffage ou comme chauffage d’appoint. Un poêle à accumulation au bois leur garantit l’indépendance du réseau électrique, fournit une belle chaleur à ondes longues et peut donner beaucoup de caractère à l’habitat.

Il y a trente ans, un poêle d’habitat était de mise lorsqu’on construisait un appartement en copropriété ou un objet de location de bon niveau. Ce n’est plus tellement le cas aujourd’hui. Quelles sont les tendances actuelles et où en seront les chauffages au bois dans cinq ou dix ans?
J’espère qu’on reconnaîtra le potentiel des chauffages au bois pour la transition énergétique et qu’ils pourront donc y apporter une contribution importante.

Dans quelle mesure est-il important pour ceux qui décident de pouvoir couvrir le besoin en énergie d’un bâtiment totalement ou partiellement par un chauffage au bois?
Ce point est très important pour nos maîtres d’ouvrage. Le bois présente un bilan carbone neutre et la Suisse en dispose en quantité suffisante. Un chauffage au bois les rend indépendants du réseau électrique. Je crois bien qu’une certaine indépendance et sécurité d’approvisionnement pourra gagner en importance pour les décisions futures.

De nos jours, le climat intérieur et la construction saine (Minergie eco) sont une préoccupation majeure. Dans quelle mesure le poêle d’habitat répond-il à ces critères?

Il y convient parfaitement: nous avons intégré des poêles à bois d’appoint dans les maisons Minergie-P il y a déjà 15 ans. Il convient de choisir des systèmes qui dégagent leur chaleur lentement et possèdent une alimentation en air indépendante. Par contre, installer un petit poêle léger procuré dans un magasin de bricolage dans une maison très bien isolée est une mauvaise idée: le bâtiment sera vite surchauffé.

Texte : Christoph Rutschmann, Energie-bois

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