Concrètement, Industrie du bois Suisse propose comme objectif de mettre à disposition du marché suisse 1 million de mètres cubes de bois brut en plus par an depuis 2030. Image: Industrie du bois Suisse

Pour la première fois, le Congrès suisse du bois brut et le Congrès annuel de l'Industrie du bois Suisse ont été réunis dans un même format sous le nom de Congrès suisse de l'industrie du bois. Image : Industrie du bois Suisse.

Congrès de l'industrie du bois suisse : Une réduction des réserves ne doit pas être taboue - chaque mètre cube de bois compte!

(Industrie du bois suisse) Lors du premier Congrès de l'industrie du bois suisse, la menace de pénurie de bois brut récolté était au centre des débats. C'est surtout la récolte de grumes de résineux qui est en recul, alors que tant les besoins en bois brut que les réserves de bois dans les forêts augmentent. C'est pourquoi Industrie du bois Suisse demande qu'un million de cubes de bois brut supplémentaires soient mis à disposition au marché suisse chaque année depuis 2030. (Text auf Deutsch >>)


Les intervenants et les participants au podium ont salué cet objectif et l'ont jugé réaliste. Les défis évoqués sont principalement l'évolution de la composition des essences et des assortiments disponibles, mais aussi l'exploitation coûteuse de nouvelles zones forestières difficiles d'accès. Le fait que la part de bois-énergie ne cesse de croître, ce qui va à l'encontre du principe d'une exploitation durable en cascade, est également préoccupant. Les cantons sont en outre invités à mieux se coordonner avec la Confédération en ce qui concerne la participation aux programmes de promotion.

Nouveau format
Pour la première fois, le Congrès suisse du bois brut et le Congrès annuel de l'Industrie du bois Suisse ont été réunis dans un même format sous le nom de Congrès suisse de l'industrie du bois. Les contenus de ce congrès étaient aussi lourds de sens que l'environnement du Flüeli Ranft avec son vénérable hôtel Paxmontana de style Art nouveau.

L'hiver 23/24 pourrait être marqué par une pénurie
Frank Rutschmann, chef de la section Énergies renouvelables de l'Office fédéral de l'énergie (OFEN), a consacré son premier exposé à la politique énergétique, entre sécurité de l'approvisionnement et protection du climat. Mais il a tout d'abord levé un peu l'alerte concernant une éventuelle pénurie d'électricité cet hiver: L'approvisionnement en électricité semble assuré, il ne faut pas non plus s'attendre à des déficits drastiques pour le gaz et le pétrole, et l'approvisionnement en bois d'énergie est actuellement généralement garanti. En revanche, l'hiver 23/24 pourrait être marqué par une pénurie, surtout en ce qui concerne l'électricité. Mais il faut également observer la situation du bois énergie. "Le potentiel du bois-énergie est peu à peu épuisé avec la construction actuelle d'installations de bois-énergie", explique Rutschmann. C'est pourquoi la Confédération est en train d'examiner les potentiels. Pour lui, il est cependant clair qu'"à l'avenir, l'énergie du bois ne doit plus être utilisée en premier lieu pour la mise à disposition de chaleur, mais pour la décarbonisation de la chaleur industrielle à haute température".

Nous manquons de grumes !
Même s'il ne devrait pas y avoir de situation de pénurie dans l'immédiat, les énormes bonds des prix dans le secteur de l'énergie créent de gros problèmes. Roger Braun, directeur général de Swiss Krono AG à Menznau - une entreprise qui consomme autant d'électricité que 50’000 foyers de deux personnes - en est également conscient. Swiss Krono prévoit déjà de produire environ 45% de ses besoins en électricité avec des turbines à vapeur d'ici 2 à 3 ans. Mais un autre problème préoccupe Roger Braun : L'approvisionnement en matières premières. Il est surtout problématique que plus de la moitié de la récolte de bois soit directement utilisée pour produire de l'énergie à partir du bois et soit brûlée. Swiss Krono pourrait pourtant utiliser à bon escient les résidus de bois des scieries. Pour lui, c'est clair : "Les scieurs et nous-mêmes manquons de grumes !"

D'un marché de l'offre en un marché de la demande fort
C'est ce que confirme Patrick Brühwiler, responsable des achats de grumes et d'énergie chez August Brühwiler AG à Balterswil : "La demande de grumes et de bois d'énergie en provenance de Suisse augmente", dit-il. À elle seule, la société August Brühwiler AG a augmenté son volume de sciage d'environ 70% depuis 2014. Il est particulièrement impressionné par la rapidité avec laquelle le marché du bois d'énergie s'est transformé d'un marché de l'offre en un marché de la demande fort. Sa conclusion : "Si la demande de bois rond ne peut pas être saturée, l'élan dans lequel se trouve actuellement la filière suisse du bois sera freiné". Patrick Brühwiler est lui aussi particulièrement préoccupé par le fait que la part de bois de sciage a diminué et que la part de bois d'énergie a augmenté par rapport à la récolte totale de bois.

Nous avons besoin de plus de bois rond
Une brève enquête menée par Industrie de bois Suisse auprès de ses membres montre que Swiss Krono et Brühwiler AG ne sont pas des cas isolés. Sur 31 scieries, dont la plupart sont des grandes entreprises, 13 ont annoncé un besoin constant et 18 un besoin supplémentaire dans les prochaines années, pour un total de 450'000 m3 de grumes sciables. Pour Thomas Lädrach, président de l'Industrie du bois Suisse, il est donc évident que nous avons besoin de plus de bois rond ! Car c'est surtout la récolte de grumes de résineux qui est en recul, alors que tant les besoins que le stock de bois dans les forêts augmentent. Concrètement, Industrie du bois Suisse propose comme objectif de mettre à disposition du marché suisse 1 million de mètres cubes de bois brut en plus par an depuis 2030. Cet objectif est réaliste, comme le montre le fait que la quantité de bois récoltée en 2010 ne sera pas encore atteinte, notamment pour les grumes de résineux. "Il s'agit donc simplement de refaire quelque chose que nous avons déjà fait auparavant", explique Lädrach.

Moins de bois en provenance d’Allemagne
Lors de la table ronde modérée par Michael Gautschi, directeur de l’Industrie du bois suisse, qui a suivi les exposés, tout le monde était également d'accord sur la tendance et la hausse de la demande. Alors que la décarbonisation est considérée comme un moteur dans la Berne fédérale, la densification des constructions est également un élément important qui génère une demande supplémentaire. André Halter, directeur de l'exploitation forestière de la corporation de Giswil, a confirmé que l'augmentation de la demande est également clairement perceptible dans la forêt - d'une part pour le bois rond résineux, mais surtout pour le bois énergie. Pour Andrea Florinett, directeur de Florinett AG, il est clair que l'approvisionnement en provenance d'Allemagne va diminuer, de sorte que la pression de la demande sur les forêts suisses va encore augmenter.

Hausse des prix des matières premières à moyen terme
La faisabilité de la demande d'un million de bois brut supplémentaire par an n'a pas non plus été contestée, tant du côté de l'industrie du bois que de celui de l'économie forestière. "Rien que dans le canton d'Obwald, 30’000 mètres cubes supplémentaires seraient disponibles si 15 à 20 francs supplémentaires parvenaient à la forêt", a déclaré le conseiller d'État Obwaldien et président de la KWL, Josef Hess. Valentin Stäheli, responsable des achats de grumes chez Schilliger Holz AG, s'attend lui aussi à une hausse des prix des matières premières à moyen terme. "Mais il ne faut pas que le manque de matière première entraîne une cannibalisation entre les transformateurs d'énergie, les transformateurs industriels et les transformateurs de grumes", a-t-il déclaré.

Récolter un volume plus important avec des interventions plus douces
Parallèlement aux conflits sur le front des prix, il s'agit de maîtriser des défis très pratiques. Pour Michael Reinhard, chef de la division Forêts de l'OFEV, il est clair que le potentiel d'exploitation du bois se situe avant tout dans les régions où, grâce aux gisements de gros bois, il est possible de récolter un volume plus important avec des interventions plus douces - "mais avec des méthodes de récolte adaptées, car on ne peut plus compter sur des sols résistants à cause du gel". La composition des essences change également, de sorte que, comme l'a expliqué Josef Hess, "il faudrait réfléchir à des possibilités d'exploitation accrues des grumes de feuillus". Andrea Florinett et André Halter ont tous deux souligné le rôle clé de la desserte forestière. "La construction d'un kilomètre de route forestière dans les régions de montagne coûte 600’000 francs", a fait remarquer André Halter, qui a ajouté : "Il faut de nouvelles routes forestières pour exploiter des potentiels jusqu'ici inexploités". Andrea Florinett a ajouté : "Dans les régions de montagne, la période de récolte est en outre raccourcie, et il existe un potentiel de conflits d'utilisation de la part du tourisme et du sport". Il est donc d'autant plus important, selon Michael Reinhard, "que les cantons se coordonnent finement avec la Confédération en ce qui concerne la participation et le cofinancement des programmes de promotion".

Pour finir, la question s'est posée de savoir si c'était finalement la politique de coupe des cantons qui met un frein à l'exploitation accrue du bois. En ce qui concerne le canton d'Obwald, Josef Hess a pu lever l'alerte en indiquant que la récolte de bois était inférieure au taux de coupe. André Halter a toutefois admis qu'à Giswil, l'exploitation était déjà proche de l'objectif de coupe. Thomas Lädrach a conclu la table ronde en disant que, malgré les taux de coupe conçus pour conserver les réserves, une réduction des réserves ne doit pas être taboue, du moins là où les réserves sont actuellement très élevées.

Texte : Industrie du bois Suisse - Association des scieries et de l'industrie du bois

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