L’évolution des prix de janvier 2008 à janvier 2022. Les prix n’avaient jamais été aussi élevés depuis 2008, date du lancement du portail indépendant www.prixpellets.ch. Image : prixpellets.ch

Evolution des combustibles de janvier 2008 à décembre 2020. Le prix des pellets (en vert) n’a jamais suivie ceux du mazout out du gaz. C’est aussi le cas en janvier 2022. Image : prixpellets.ch

prixpellets.ch : La hausse du coût des matières premières et la forte demande font flamber les prix des pellets

(CP) Entre décembre et janvier, les prix des pellets ont augmenté de 9 % pour atteindre 431.10 CHF* la tonne. En comparaison avec l’année précédente, la hausse a même atteint près de 20 %. Les prix n’avaient jamais été aussi élevés depuis 2008, date du lancement du portail indépendant www.prixpellets.ch. Parmi les principales raisons de cette montée en flèche figurent l’augmentation du coût des matières premières et la croissance rapide de la demande. (Text auf Deutsch >>)


En janvier 2014, selon www.prixpellets.ch, les prix des pellets ont atteint pour la dernière fois le niveau le plus élevé depuis 2008, avec une moyenne de CHF 420.30 par tonne. Depuis, les prix n’ont plus évolué que dans un seul sens : ils n’ont cessé de baisser pour atteindre en juillet, avec CHF 329.00 par tonne, leur niveau le plus bas depuis 2008. La rude concurrence des prix entre fournisseurs vient de prendre fin brutalement. Non pas parce que les fournisseurs s’alignent sur le prix élevé du mazout - ce qui n’a jamais été le cas depuis 2008 (voir comparaison des combustibles >>) – mais parce que différents facteurs ont conduit à la hausse actuelle.

Toujours moins cher que le mazout et le gaz
Selon certains fournisseurs, cette hausse des prix se dessinait déjà au début de l’été 2021, car les stocks étaient moins bien approvisionnés que les années précédentes. De plus, en raison du constant bas niveau des prix, on n’a pas suffisamment investi dans des installations de production plus importantes. En outre, les programmes d’encouragement pour les chauffages à pellets, introduits dans toute la Suisse en 2020, couplés à l’augmentation des prix du mazout et du gaz en 2019, ont amené de nombreux propriétaires de maison, qui avaient jusqu’alors misé sur le mazout et le gaz et leurs prix relativement bas, à opter pour une source de chaleur renouvelable. Les pellets sont d’ailleurs toujours moins chers que le mazout et le gaz, même après la hausse actuelle des prix. En effet, après un creux en 2020, les prix du mazout et du gaz ont à nouveau fortement augmenté en 2021.


Plus 20% en Allemagne
Le renchérissement des matériaux de bois brut tels que les copeaux entraîne une nouvelle hausse du prix des pellets en janvier 2022 en Allemagne. Les pellets coûtent en moyenne nationale 366.58 euros/t pour une livraison de 6 tonnes (t), comme le rapporte l’Institut allemand des pellets (DEPI). Cela correspond à une augmentation de 20.9% par rapport au mois précédent et de 54.0% par rapport à janvier 2021. Cependant, il existe toujours un net avantage de prix par rapport aux sources d’énergie fossiles que sont le gaz (environ 26%) et le mazout (environ 17%). Un kilo de pellets coûte 36.66 cents, le kilowattheure (kWh) de chaleur 7.33 cents.


Comme si les chauffages fossiles allaient être interdits demain
Il s’est vendu et il se vend encore beaucoup de chauffages à pellets, comme si les chauffages fossiles devaient être interdits bientôt, m’a raconté un producteur de chaudières à pellets. Selon la branche, de plus en plus de gros chauffages à pellets d’une puissance de plus d’un mégawatt viennent s’ajouter à ces chauffages pour maisons individuelles. Un chauffage de l’ordre du mégawatt correspond à environ 50 chauffages destinés à des maisons individuelles de taille moyenne. Plus il y a de chauffages à pellets, plus il faut de pellets. Une évidence pour tout le monde, sauf que le développement a été plus rapide que prévu.

Tout le monde veut du bois
Autre facteur : depuis le printemps dernier, on assiste à une ruée vers le bois comme on n’en avait plus connue depuis longtemps. En avril 2021, l’Industrie du bois Suisse a annoncé que les prix du bois augmentaient dans le monde entier (voir ee-news.ch du 14.4.21 >>). Et la Task Force Forêt + Bois + Energie de l’Industrie du bois Suisse indiquait également en mai que la demande internationale de produits bois enregistrait une forte croissance (voir prixpellets.ch du 19.4.21 >>). La sciure issue de l’industrie de transformation du bois, qui sert à fabriquer la plupart des pellets, a également vu son prix augmenter durant l’été 2021. En Suisse, les prix des matières premières ont également augmenté, mais de manière plus modérée que dans les pays étrangers limitrophes, où la sciure destinée à la production de pellets est pratiquement hors de prix.

Dans les pays étrangers limitrophes également
Chez nos voisins aussi, la hausse des prix du mazout et du gaz ainsi que les programmes d’encouragement font que la branche, qui a enregistré une croissance continue mais assez constante au cours des 20 dernières années, connaît aujourd’hui un véritable boom. Les pellets sont depuis longtemps devenus un bien marchand international. Même les vendeurs suisses de pellets achètent volontiers de l’autre côté de la frontière, car c’est très intéressant pour eux compte tenu de la force du franc. De plus, la production suisse ne suffit pas à couvrir les besoins du pays. Mais lorsque tout le monde veut soudain plus de pellets et que la production en Suisse et dans les pays voisins ne suit pas, les prix augmentent. C’est d’ailleurs ce que de nombreux producteurs et commerçants souhaitaient depuis longtemps, car les faibles marges bénéficiaires et la rude concurrence des prix portaient atteinte à la substance même des entreprises. Mais rares sont celles qui apprécient une hausse des prix aussi forte qu’en ce moment.

Un temps plutôt frais
En outre, l’industrie du bois en Suisse et à l’étranger a été tellement sollicitée l’été dernier, en raison de la très forte demande, que certains fournisseurs ont repoussé à l’hiver la révision de leurs installations de production. Ce qui entraîne aujourd’hui une baisse de la production. De plus, à l’exception des journées de Noël et de la semaine de fin d’année qui ont battu des records de chaleur, l’hiver 2021-2022 est plutôt frais, ce qui ne fait qu’augmenter la demande. Un fournisseur m’a expliqué que l’on avait ressenti un bref répit pendant les fêtes, mais que ce répit était déjà passé. Les températures proches de zéro annoncées pour la semaine prochaine n’apporteront pas de soulagement sur le marché des pellets. Si une véritable vague de froid venait à se produire, les prix augmenteraient encore.

Des pellets ENplus pour la production d’électricité
Au nord de la Suisse, des pellets industriels sont également utilisés, avec du charbon, pour la production d’électricité. Avec des prix de l’électricité qui ont parfois été multipliés par 20 en l’espace d’un an, notamment en raison des prix élevés du gaz et du charbon, des pellets certifiés ENplus ont été utilisés pour produire de l’électricité dans les centrales à charbon, selon un expert autrichien de la branche. En d’autres termes : au lieu des pellets industriels de moindre qualité, les pellets ENplus de haute qualité, qui sont en fait destinés aux petits foyers, sont à nouveau broyés sur place et brûlés avec du charbon pour produire de l’électricité. Et ce, avec un rendement d’environ 30 %, qui ne prend pas en compte la préparation des pellets !

Personne n’a eu froid
Malgré la forte demande, tous les consommateurs et consommatrices ont pu acheter des pellets. A noter que les petits fournisseurs régionaux fabriquant eux-mêmes leurs pellets, n’ont pas augmenté leurs prix, qui ne sont pas toujours parmi les plus avantageux, et ont servi leurs fidèles clients aux prix habituels, tout au plus avec une petite majoration. Les chasseurs de bonnes affaires, toujours à la recherche du prix le plus bas, doivent sans doute puiser plus profondément dans leur porte-monnaie.

Réduire les besoins en chaleur
Il est certain que la hausse des prix entraînera une poussée d’investissements qui, à moyen terme, fera à nouveau légèrement baisser les prix. Mais pour que le secteur connaisse une croissance saine, il faut des prix plus élevés que ceux des années précédentes. En outre, la meilleure assurance contre les hausses de prix - outre un stock de pellets suffisamment important – réside dans la réduction des besoins en chaleur. Les personnes qui construisent ou rénovent devraient garder cette réalité à l’esprit. En effet, les économies réalisées au niveau de l’isolation thermique sont ‘’mangées’’ chaque année par les factures de combustible ou d’électricité. Un toit bien isolé et une bonne isolation thermique avec le sous-sol, associés à un triple vitrage des fenêtres, permettent de réduire les coûts de chauffage en hiver pendant des années et protègent également de la chaleur en été. Car l’été prochain ne manquera pas d’arriver !

*Tous les prix sont indiqués en prix moyen par tonne, TVA et livraison comprises.

Texte : Anita Niederhäusern, éditrice www.prixpellets.ch

0 Kommentare

Kommentar hinzufügen

Newsletter abonnieren

Top

Gelesen
|
Kommentiert