En l’an 2050, chauffer un cinquième, voire un quart du parc suisse de bâtiments pourrait être chauffer au bois. Image : Energie-bois Suisse

Energie-bois Suisse : Chauffer un quart du parc suisse de bâtiments avec du bois

(Energie-bois Suisse) En ratifiant l’Accord de Paris, la Suisse a confirmé sa sortie des énergies fossiles d’ici 2050. Si l’on estime à 20 ans la durée de service des chauffages à mazout et à gaz, ce délai signifie une renonciation complète à l’installation de nouveaux systèmes fossiles dès environ 2030. En l’an 2050, l’énergie du bois pourrait chauffer un cinquième, voire un quart du parc de bâtiments. Or, la conversion tarde massivement à se faire et pourrait bien durer 100 ans si nous ne donnons pas un bon coup d’accélérateur. (Text auf Deutsch >>)


Les chauffages au mazout et au gaz naturel sont toujours responsables d’environ un tiers des émissions de CO2 en Suisse. Notre part de chauffages au fioul compte parmi les plus élevées de tous les pays européens; quant aux systèmes à gaz, un grand nombre de fournisseurs d’énergie continuent de poursuivre la stratégie «En avant vers le passé fossile!» Chez nous, le symbole de la feuille verte pour le gaz naturel est connu de tous. Il transporte une image faussée en représentant le naturel, la propreté, voire la durabilité. Eblouis par ce message, les propriétaires ne pensent qu’au mazout ou au gaz lorsqu’il s’agit de remplacer leur chaudière fossile. La faute en revient aussi aux planificateurs et installateurs pour lesquels les énergies fossiles sont toujours le cours de la moindre résistance (et du profit le plus rapide).

La Suisse reste à la traîne
Nous pouvons tourner et retourner la question comme bon nous semble: il nous faut mettre un bon coup d’accélérateur pour passer aux chauffages climatiquement neutres, car la Suisse est encore bien loin des objectifs visés. Elle doit donc agir de manière aussi décidée que coordonnée et mettre à contribution toutes les sources d’énergie renouvelables pour permettre à la politique énergétique et climatique de rester crédible et d’obtenir enfin un résultat. Parmi ces énergies comptent le bois, le solaire et l’éolien, l’hydraulique et toutes les formes de chaleur ambiante. Comme ces technologies énergétiques renouvelables ont atteint un bon niveau et sont de plus en plus compétitives en termes de prix, nous n’aurons pas à réinventer la roue.

Comment cela peut-il fonctionner?
Par bonheur, nous avons beaucoup de bons exemples sur lesquels nous orienter pour les nouveaux projets. L’énergie du bois, par exemple, recèle un grand potentiel. Chaque année, 2,5 millions de mètres cubes de bois utilisable restent inexploités. Ce volume permettrait de remplacer 500 000 tonnes de mazout par une énergie indigène, renouvelable, respectueuse du climat et sûre, capable de chauffer plusieurs centaines de milliers de foyers. Une exploitation durable de ce potentiel non négligeable créerait mille emplois sûrs, notamment dans les régions rurales, et éviterait à l’atmosphère des émissions de gaz carbonique de non moins de 1,5 million de tonnes.

Solution taillée sur mesure
Qu’il s’agisse d’un chauffage central pour un bâtiment individuel, d’une centrale de chauffage au sein d’un réseau de chaleur pour tout un village ou même d’une centrale de couplage chaleur-force dans un contexte urbain ou industriel, il existe une solution taillée sur mesure au bois-énergie pour presque toutes les situations. Des circuits de distribution courts, une faible part d’énergie grise, un approvisionnement sûr et une création de valeur locale et régionale importante sont autant d’atouts des projets modernes à l’énergie du bois.

Un cinquième, voire un quart
L’Initiative Chaleur Suisse (www.waermeinitiative.ch) – portée par des milieux économiques importants – prouve clairement que la décarbonisation complète du marché du chauffage suisse est faisable. L’énergie issue de la forêt joue un rôle important à cet égard. En l’an 2050, elle pourrait chauffer un cinquième, voire un quart du parc de bâtiments. Plusieurs milliards de francs resteraient dans le pays et garantiraient des emplois plutôt que de se perdre dans le sable des déserts ou les plaines de Russie. La Suisse ne devrait pas manquer une opportunité d’exploiter ses propres ressources en énergie, car celles-ci sont d’ores et déjà disponibles et permettront de mener à bien la transition énergétique. Les milieux politiques devront veiller à ce que cela se fasse à la vitesse requise. Il leur faut créer des conditions cadres aussi inintéressantes que possible pour les énergies fossiles et aussi avantageuses que possible pour nos propres agents énergétiques. Parmi ces conditions, citons des procédures d’autorisation simplifiées, des subventions substantielles et la sécurité juridique à tous les niveaux.

Texte : Energie-bois Suisse

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