«Descendre et continuer» – telle pourrait être la devise de la décarbonisation de la circulation. Photo: B. Vogel

Des villes comme Bâle et Zurich contribuent de manière significative à un approvisionnement énergétique durable en développant leurs réseaux de chauffage urbain. Photo: B. Vogel

Le développement de l’infrastructure de charge (image: borne de recharge à Bâle) est une condition importante pour le développement de la mobilité électrique. Photo: B. Vogel

Le conseiller de Bâle, Christoph Brutschin, plaide pour que la transformation des villes vers la neutralité climatique soit abordée avec plaisir. Photo: B. Vogel

Fin janvier, des chercheurs en sciences sociales et des représentants de villes et de municipalités ont entamé un dialogue. Photo: B. Vogel

Un employé de la ville et un passant lors d'une dégustation dans la Marktgasse pendant la semaine de l’expérience Stadtgmües en octobre 2019. Photo: Kampagne Stadtgmües 2019.

Dans le cas du remplacement du chauffage dans les bâtiments existants, il existe un effet de levier considérable pour aider les énergies renouvelables à réaliser une percée. Photo: B. Vogel

Visite guidée de la ville «Essbare Stadt», offerte par la ville en juillet 2019 dans le cadre de la campagne «Stadtgmües» et d’une exposition de graines locales. Photo: Kampagne Stadtgmües 2019

Conférence «Vers des villes climatiquement neutres» : A la recherche de solutions socio-scientifiques - descendre et continuer à rouler ?

(BV) Plusieurs villes et communes suisses considèrent la neutralité climatique comme leur vision politique. Cela signifierait qu’elles n’émettraient pas plus de gaz polluants que ce que les installations de stockage naturelles et techniques sont en mesure d’absorber. Pour atteindre cet objectif ambitieux (en bref: «Zéro net»), des mesures de grande envergure seront nécessaires dans l’infrastructure municipale, mais aussi un changement dans le mode de vie de la population. A la fin du mois de janvier, une conférence sur les sciences sociales s’est tenue à Bâle en vue de trouver des solutions. (Text auf Deutsch >>)


Les revendications du mouvement ‹Friday for Future› sont arrivées dans l’arène politique en un rien de temps. Secoués par les protestations des jeunes, les responsables politiques locaux ont introduit des initiatives parlementaires pour la mise en œuvre rapide de mesures efficaces de protection du climat. Dans le canton de Bâle-Ville, par exemple, qui s’était déjà fixé comme objectif dans la loi cantonale sur l’énergie en 2017 de réduire les émissions de CO2 par personne et par an de 3.7 actuellement à 1 tonne de CO2 par personne et par an d’ici 2050. Des mesures similaires sont également en cours à Zurich, où un objectif zéro net d’ici 2030 est actuellement en discussion.

Tâche herculéenne
Quelle que soit la manière dont ces exigences seront finalement intégrées à la législation, les villes et les communes suisses sont confrontées, d’une manière ou d’une autre, à une tâche herculéenne en matière de protection climatique. Certes, les innovations techniques vont permettre de réduire les émissions de CO2. Cependant, sans changement de comportement de la part de la population, les objectifs climatiques ne pourront pas être atteints. Dans ce contexte, des expertes et experts des sciences sociales et économiques se sont rassemblés à Bâle à la fin du mois de janvier avec des représentantes et représentant de villes, de communes et d’entreprises pour la conférence «Vers des villes climatiquement neutres». La manifestation a été organisée par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), le programme de recherche national 71 «Gérer la consommation d’énergie», le Competence Center for Research in Energie, Society and Transition SCCER CREST et par le centre de recherche énergétique de la ville de Zurich.

Des coupures nettes également
Comme Bâle, Zurich veut réduire les émissions de CO2 à une tonne d’ici 2015, selon la réglementation municipale en vigueur. La neutralité climatique signifie que la tonne restante devra également être économisée ou compensée. Actuellement, chaque habitant de Zurich génère chaque 4.4 t de CO2 par le biais de la consommation d’énergie. Zurich considère l’expansion du chauffage urbain comme un premier pas vers la maîtrise de la tâche gigantesque dans le secteur de l’énergie. Des mesures radicales sont également mises en œuvre, telles que la fermeture de certaines parties du réseau de gaz de Zurich dans les zones de chauffage urbain. Il s’agirait d’une «méthode judicieuse pour atteindre la neutralité climatique», affirme Dr Silvia Banfi Frost, responsable de l’énergie de la ville de Zurich.

Décarbonisation de la circulation une étape déterminante
Une étape «absolument déterminante» sur le chemin de la neutralité climatique serait la décarbonisation de la circulation, également par le biais de l’électromobilité, souligne Dr Anne-Kathrin Faust, responsable du programme de recherche de l’OFEN énergie – économie – société. Roberto Bianchetti, spécialiste des transports économes en énergie à l’OFEN, déplore qu’aucune réduction n’ait encore été réalisée dans ce secteur, qui dépend encore à 94% des combustibles fossiles. Il fonde ses espoirs sur le nombre de modèles de voitures électriques, lesquels croissent actuellement rapidement sur le marché et offrent un vaste choix aux acheteurs de voitures. Dans ce contexte, les villes devraient assurer les conditions cadres adéquates pour que l’électromobilité puisse réaliser ses opportunités tout en minimisant les risques. Ces mesures incluent l’utilisation d’électricité verte, la mise en place d’une infrastructure de tarification publique appropriée et la prévention de la concurrence entre les transports publics et le trafic non motorisé. La feuille de route nationale de l’électromobilité vise à atteindre une part de 15% de véhicules rechargeables (véhicules électriques purs et hybrides rechargeables) dans les nouvelles immatriculations d’ici 2022. Leur part s’élevait à 5.6% en 2019.

Une grande crédibilité
La protection climatique englobe tous les domaines de la vie Il est donc logique que les municipalités et les villes mettent également des questions telles que la nutrition à l’ordre du jour. La ville de Winterthur a choisi une approche participative impliquant la population pour sa campagne «Stadtgmües» pour une alimentation durable. Le projet, dirigé par des chercheurs de la Haute école de sciences appliquées de Zurich (ZHAW), a montré, entre autres, que les villes sont un acteur approprié dans la promotion d’une alimentation durable, comme le dit Evelyn Lobsiger-Kägi, chercheuse à la ZHAW: «Lorsque les villes et les communes fournissent des informations sur les modes de vie durables, la population perçoit ces informations comme indépendantes, tandis qu’elle ne fait pas nécessairement confiance, par exemple, aux labels biologiques. Nous devrions exploiter cette grande crédibilité.»

En matière d’alimentation, les villes ont un impact considérable, comme l’indique également l’exemple de la ville de Zurich, où une nouvelle stratégie pour une alimentation durable est en cours de réalisation. Selon la directrice du projet, la ville pourrait influencer sept millions de repas par an grâce aux quelque 450 entreprises municipales.

Repenser le remplacement des chauffages
La décision individuelle la plus importante en termes de respect du climat est peut-être prise par les propriétaires lorsqu’il s'agit de remplacer le système de chauffage. Comme l’a découvert Meta Lehmann (econcept AG) dans une étude réalisée dans les villes de Bâle, Köniz, Saint-Gall, Winterthur et Zurich, les systèmes de chauffage à combustible fossile sont remplacés par de nouveaux systèmes de chauffage à combustible fossile dans la plupart des cas aujourd’hui encore. C'est ici que Felix Jehle, directeur du département de l’énergie du canton de Bâle-Campagne, souhaite commencer en donnant des conseils ciblés. En effet, 27 000 des 48 000 systèmes de chauffage à combustibles fossiles du canton ont plus de 15 ans et devront être remplacés dans les années à venir.

Dans le canton de Bâle, la question de savoir si les données du système de contrôle de la combustion peuvent être utilisées pour cibler les propriétaires de systèmes de chauffage est encore débattue. La ville de Winterthur a déjà surmonté cet obstacle. Au cours des trois dernières années, 1400 propriétaires de chauffages ont été contactés. 308 de ces propriétaires ont remplacé leur chauffage entre-temps: 220 sans et 88 avec une consultation incitative. Parmi les propriétaire ayant pris conseil, la proportion de systèmes de chauffage au fioul a été réduite de moitié, le nombre de systèmes de sondes géothermiques a doublé et celui des pompes à chaleur air/eau a triplé», résume Tobias Hösli. Le représentant de la ville de Winterthur a donc une recommandation claire pour les autres villes et communes: «Je voudrais vous motiver à mener également une telle campagne.»

Montrer les avantages
Les points forts sélectionnés des activités climatiques à l'échelle nationale démontrent le grand potentiel qui existe au niveau municipal pour initier le changement. «Rien ne se passera sans contraintes légales», a affirmé Christoph Brutschin, Conseiller d’Etat de Bâle-Ville lors de l’ouverture de la conférence, tout en déconseillant de «montrer du doigt» afin de ne pas nuire à la bonne volonté de la population. «Nous devons aborder la transformation avec plaisir et nous concentrer sur les opportunités, par exemple en montrant les avantages de ne pas voyager sur de longues distances et de passer ses vacances dans la région. »

  • Les résultats et les synthèses des plus de 100 projets de recherche des programmes de recherche nationaux 70 et 71 relatifs à l’avenir énergétique de la Suisse sont disponibles sur www.nfp-energie.ch.

  • www.energieforschung-zuerich.ch

  • www.sccer-crest.ch

  • Anne-Kathrin Faust (anne-kathrin.faust[at]bfe.admin.ch), directrice du programme de recherche de l’OFEN énergie – économie – société, communique des informations de la part de l’OFEN.

Texte : Benedikt Vogel, sur mandat de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN)

0 Kommentare

Kommentar hinzufügen

Newsletter abonnieren

Top

Gelesen
|
Kommentiert